« Les moyens diététiques et hygiéniques naturels constituent l’essentiel de toute thérapeutique » écrivait le Dr Paul CARTON dans son traité de médecine naturiste en 1924. De ce postulat du père de l’hygiénisme et inspirateur du courant naturopathique, il ne reste, en ce qui concerne la diététique moderne, qu’une vague notion de régime où la restriction calorique semble l’emporter sur tout le reste.
Notre approche de la diététique en naturopathie relève du bon sens dans l’observation de la nature, de la connaissance de chaque individu, de ses besoins et du respect des rythmes des saisons. La qualité alimentaire et les associations correctes d’aliments entre eux viennent compléter cette démarche qui est un des piliers de la naturopathie. On peut dire qu’il s’agit d’une véritable « diéte-éthique ».
Parler de régime induit souvent une notion restrictive que je n’aime pas employer. Le terme de réforme alimentaire convient mieux car il exprime le changement lent et durable qui permet à chacun de trouver le mode alimentaire qui lui correspond le mieux.
Dans toute réforme alimentaire, il convient de donner la priorité à la nature des aliments et à leur qualité nutritionnelle, en évitant les produits raffinés (huiles, céréales, sucre), et en éliminant les aliments contenants des toxiques comme les pesticides, conservateurs, colorants, produits de synthèse et de s’orienter le plus possible vers les aliments issus de l’agriculture biologique ou biodynamique.
La qualité de l’eau, de l’huile, et les répartitions.
Il est important de veiller à une bonne qualité de l’eau, la moins minéralisée possible (résidu sec à 180° inférieur à 100mg/litre) afin de lui garder ses propriétés naturellement drainantes, car plus une eau est chargée en électrolytes plus elle affaibli la fonction rénale. La plupart des minéraux contenus dans les eaux de bouteille sont inertes, ce qui n’est pas le cas à la source où leur forme est ionisée, donc assimilable. Contrairement à une idée reçue, largement véhiculée dans le grand public, ce n’est pas l’eau minérale qui permet un apport optimum de minéraux mais bien le règne végétal où l’on trouve les principales sources de minéraux assimilables, notamment dans les céréales et les oléagineux.
Les huiles végétales de première pression, en bio, sont à privilégier et à varier ou à adapter en fonction des besoins de chacun. Restreindre les apports en matière grasse de bonne qualité est une hérésie, car ceux-ci jouent un rôle essentiel dans plusieurs grandes fonctions métaboliques (système nerveux, hormonal, hépatique, cardiovasculaire) et dans l’intégrité de la membrane cellulaire. Huile d’olive, mais également de colza, de noix, de carthame, de sésame, de noisette, de pépin de courge, ou d’argan sont de précieux alliés pour notre santé.
Enfin, une bonne répartition journalière des aliments, en évitant des associations difficiles sur le plan digestif comme les protéines avec les glucides au même repas, permettra d’enclencher le processus de réforme alimentaire. Au cas par cas, il est nécessaire de mesurer l’impact que peuvent avoir des aliments comme le lait, le blé, les aliments contenant du gluten, afin d’individualiser au mieux l’alimentation.
La naturopathie considère que l’alimentation est le pilier principal de la santé. Alors que beaucoup cherchent à soigner les dégâts causés par une alimentation déstructurée où le vivant est de plus en plus absent, la naturopathie, dans son approche vitaliste et préventive propose de donner à chacun les moyens de rester en bonne santé, par des gestes simples, au quotidien.
Dominique Léaud Zachoval est naturopathe - Formateur, il est Co-fondateur de l’Ecole Libre de Naturopathie AESCULAPE.
www.aesculape.fr
Auteur de « La naturopathie au quotidien ».
Ed.Quintessence